Pucerons vecteurs du virus de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) à l’automne
Que faire en présence de pucerons vecteurs de la jaunisse nanisante de l’orge ?La jaunisse nanisante est une maladie virale. Toutes les céréales peuvent être infectées par le virus de la jaunisse nanisante et en souffrir gravement. L’orge est cependant la céréale la plus sensible. Les plantes atteintes manifestent des jaunissements (ou rougissements) et un nanisme plus ou moins prononcé. Cela peut conduire à la perte de plants. Le virus à l’origine de cette maladie se transmet exclusivement par les pucerons inféodés aux céréales. La dynamique de la virose est donc intimement liée à celle de la pullulation des pucerons vecteurs de ce virus. Comme il n’existe aucun traitement qui neutralise le virus, la lutte contre cette maladie ne peut se faire qu’au travers de la maîtrise des pucerons vecteurs. Il existe plusieurs stratégies de lutte, qui peuvent évidemment être combinées. Afin de limiter la présence de pucerons sur la culture, le report de la date de semis constitue la mesure la plus efficace. Semer trop précocement expose la culture à des populations de pucerons importantes et encore très actives. Attendre le 1er octobre pour semer les escourgeons est donc recommandé.
Il est également possible de réduire le risque de contamination des jeunes semis par les pucerons en limitant les réservoirs à virus. S’il est évidemment impossible de détruire toutes les graminées environnantes pouvant constituer des réservoirs, la lutte contre les repousses de céréales n’est cependant pas à négliger.
L’utilisation de variétés d’escourgeon tolérantes à la jaunisse nanisante permet de limiter la nuisibilité de l’infection virale. Ce type de variété est à envisager lorsque la saison s’annonce dangereuse ou pour les terres les plus exposées. En général, le risque est plus important dans les terroirs plus chauds comme le Hainaut occidental et les parcelles entourées de maïs à ensiler après la levée de l’escourgeon. La liste des variétés tolérantes à la jaunisse nanisante de l’orge est disponible dans le présent Livre blanc (cfr article « Choix variétal – Escourgeon »). Si malgré toutes les précautions prises, les pucerons virulifères, c’est-à-dire porteur du virus, se multipliaient, des traitements insecticides sont possibles. Durant la période de sensibilité des cultures, des avis de traitements, rédigés sur base d’un réseau d’observation, sont émis chaque semaine par le CePiCOP. Ces avertissements attirent l’attention, signalent des éléments que chacun est invité à aller vérifier dans ses propres parcelles. Ce ne sont pas des prescriptions dispensant l’agriculteur de surveiller ses céréales !
À noter qu’il existe une certaine régulation naturelle des pucerons, par des auxiliaires prédateurs ou parasites et certains champignons entomopathogènes, mais celle-ci est moins active durant l’automne. Le climat, via de fortes pluies ou des gelées précoces, reste la meilleure régulation.
